EN TRAVAUXX

 

 

 

 

 

 

Des maux, dé-mence,

des mots te manquent,

des peurs, dé-mence,

ta quiétude trop balance.

 

Démons, dé-mence,

dieu même, tu oublies,

des monts de silence,

engluent peu à peu ta vie.

 

Des jours, dé-mence,

tu en perds le fil,

des nuits, dé-mence,

tu rêves pourtant d' encore savoir.

 

Dépit, dé-mence,

à tout ce que tu dis, poli, on sourit,

des cris, dé-mence,

jusqu'à ta colère qui nous suit.

 

Des regrets, dé-mence,

et trop tard les pensées,

des remords, dé-mence,

que n'avons nous gâché ?

 

Défaite, dé-mence,

l' absurde t'attire à lui,

débile, dé-mence,

tu en aurais aussi ri.

 

Des rires, dé-mence,

légère et chantante,

des éclats, dé-mence,

quand ta folie m'enchante.

 

Des vies, dé-mence,

le sérieux est mort,

le grave a jeté la cuiller,

c'est peut être plus beau qu'on ne pense,

des années, dé-mence,

des années d' aimance,

ce n'est peut être pas toi qui à tort.

 

Des- tins, dé-mence,

ton monde un peu m'y invite,

des craintes, dé-mence,

y serai-je mieux qu'ici , si vite?

Des maux démence

de Stéphanie DE SOUSA

L'escargot et l'orage

 

C 'est une humeur de Pentecôte,
le printemps chaud est décidé et joue,
les gouttes de pluie perlent au lever du jour.
La nuit, l' orage a redonné à tous les verts, la source,
à tous les petits, les cauchemars et les pleurs,
aux doux amoureux, la passion et l'étreinte.
Et ce matin, seul et serein se promène l' escargot,
aspirant à être ailleurs quand les pieds géants s'annoncent.
Son monde s' ouvre avec la moiteur, moins de limites,
moins de vie en coquille, juste l' air libre et humide.
C'est une humeur de Pentecôte, et cela rend l'escargot heureux
pour une journée au moins.

de Stéphanie DE SOUSA

Dédicace  au personnel de maison de retraite 


Elles sont de toutes les couleurs, ces blouses qui valsent autour

Ils sont de tous les sons, leurs rires qui réveillent des lenteurs

Ils sont bleus parfois gris, bruns de biche ou verts, ces yeux qui les voient encore

Elles sont jeunes, moins jeunes, parfois des « ils », parfois des « seuls »

Elles sont là, au lever, même quand on reste couché

Elles sont là pour laver ces corps impatients et flétris

Elles sont là pour servir la soupe, essuyer le verre renversé

Elles sont là, et ne voudraient peut-être pas y être

Quand les cris, la détresse, l’effroi peuplent les couloirs

Elles sont là, la main tendue, les phrases intimes et le réconfort pressant aux familles perdues

Elles sont là, lassées aussi, usées de cette mission que le monde leur laisse,

Usées des longues nuits à bavarder avec la mort et personne ne s’en soucie

Elles sont là, héroïnes, parce que souvent, ici, plus personne n’est là

de Stéphanie DE SOUSA

 

 

 

 

© "Terre à tous"

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